Prévalence femmes et filles concernées par les MGF en Belgique

Estimation de la prévalence des filles et femmes excisées ayant subi ou à risque de subir une mutilation génitale féminine vivant en Belgique, 2018
Mise à jour au 31 décembre 2016

Promoteur : Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes et SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement
Chercheuses principales : Dominique Dubourg, Fabienne Richard

Justification de l’étude
Selon l’UNICEF, au moins 200 millions de filles et de femmes vivant actuellement dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie ont subi une forme de mutilation génitale : clitoridectomie, excision ou infibulation (1). Les mutilations génitales féminines (MGF) sont une violation des droits humains et une forme de violence basée sur le genre pouvant engendrer de nombreuses complications physiques et psychologiques tout au long de la vie. Pour les familles établies en Europe, la pratique continue, dans des proportions moindres, lors de vacances dans le pays d’origine ou sur le territoire du pays d’accueil. La Belgique a voté en 2001 une loi spécifique punissant l’excision (Art.409 du code pénal). Le problème a plusieurs composantes, car il s’agit non seulement de protéger les filles qui sont à risque de subir cette pratique mais aussi de prendre en charge les complications gynéco-obstétricales et psychosexuelles que peuvent présenter les femmes excisées.

La dernière étude de prévalence portait sur la situation au 31 décembre 2012. Elle avait montré un doublement de la prévalence en 5 ans avec une estimation de 13 112 filles et femmes déjà excisées et 4 084 à risque (5).

Ces deux dernières années, la Belgique a dû faire face à une crise migratoire avec un afflux de familles syriennes et irakiennes mais aussi des familles d’Afrique de l’Est comme la Somalie et l’Erythrée, pays à forte prévalence de MGF. Une nouvelle étude était nécessaire pour mettre à jour les données qui permettront de mieux cibler les actions des services impliqués dans la protection des filles et la prise en charge des femmes excisées.

Objectifs de l’étude
Cette étude quantitative vise à actualiser les données de 2012 sur la prévalence des mutilations génitales féminines en Belgique.
Les objectifs de cette étude sont de mettre à jour les données sur :
• Le nombre de filles et femmes excisées qui vivent en Belgique
• Le nombre de filles à risque d’excision qui vivent en Belgique
• La population cible des différents services médico-sociaux concernés par les mutilations génitales féminines.

Résultats

La population d’étude est constituée de 70 576 filles et femmes dont la nationalité (d’origine ou actuelle) est celle d’un pays où se pratique l’excision.  Au total 25 917 filles et femmes sont concernées par les mutilations génitales féminines, soit parce qu’elles ont déjà subi une mutilation soit parce qu’elles sont à risque d’être confrontée à la pratique. 17 273 femmes et filles sont déjà probablement excisées et 8 644 femmes et filles sont intactes mais à risque d’être excisées.

A télécharger ici :  20180302_FGM_PrevalenceStudy_12-pages_FR (version courte)

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