Qualité de vie
- Dans le pays d’arrivée, les femmes migrantes et leurs familles souffrent de problèmes liés à la procédure de séjour, de difficultés d’accès à l’aide sociale et aux soins de santé, de revenus faibles, d’isolement social et familial, voire de situations d’esclavage domestique. Elles ont un accès restreint à l’information eu égard à la faible maîtrise des langues nationales.
- Les problèmes liés au statut de séjour sont particulièrement visibles pour les demandeuses d’asile résidant dans les centres d’accueil (conditions de vie difficiles) et pour les primo-arrivantes (faible couverture des besoins de base : logement, santé et alimentation).
- Les femmes migrantes éprouvent des difficultés à suivre une formation en raison de la garde des enfants et de la réticence des hommes de leur entourage.
- Certaines femmes migrantes souffrent d’un manque d’autonomie.
- Des filles mutilées peuvent manquer l’école ou éprouver des problèmes de concentration suite aux complications des MGF (problèmes pour uriner, douleurs), sans qu’elles aient pu parler du problème, ni qu’elles aient été diagnostiquées. Elles trouvent peu de soutien auprès de leurs enseignants ou de la médecine scolaire qui connaissent mal le problème.
- Les familles vivent souvent dans des logements précaires et surpeuplés.
- La vie en communauté entraîne une forte pression sociale sur les femmes et les filles.
- La famille d’une femme en procédure d’asile a droit à une aide sociale, en principe matérielle.
- Une famille en séjour illégal en Belgique qui craint de rentrer au pays en raison d’un risque de MGF (cas de force majeure) peut théoriquement revendiquer un droit à l’aide sociale auprès d’un CPAS. Les pratiques de ces derniers varient toutefois. En cas de refus et de recours devant les tribunaux du travail, la jurisprudence n’est pas uniforme.
- Selon l’OMS, les conséquences des MGF sur les femmes sont de divers ordres :
- Sur la santé à court terme (douleur, état de choc, septicémie, saignements et hémorragies pouvant entraîner la mort) et à moyen et long terme (infections urinaires, génitales et pelviennes, fistules et incontinence, transmission du VIH et des IST, stérilité, difficultés menstruelles, difficultés lors de la grossesse et de l’accouchement : déchirures périnéales plus fréquentes, souffrances et morts foetales).
- Sur la sexualité (rapports sexuels douloureux en raison de la suture des lèvres, du manque d’excitation et de lubrification, mais aussi absence de plaisir et sentiment de honte lié à la prise de conscience que les MGF ne sont pas universelles et que la femme a été «amputée»).
- Sur le plan psychologique (choc émotionnel, perte de confiance, anxiété, dépression).
- Selon l’enquête menée en 2006 auprès de gynécologues flamands, les femmes excisées ou infibulées sont venues consulter (par ordre de fréquence) pour des problèmes de sexualité, d’infection urinaire, de douleurs chroniques, de problèmes liés à la grossesse et à l’accouchement, de fistules, de problèmes psychologiques, d’infertilité.
- Une étude réalisée au Sénégal auprès de 23 femmes excisées et 24 femmes non-excisées montre que 30,4 % des femmes excisées (7/23) souffrent du syndrome de stress post-traumatique avec des pertes de mémoire et que 80 % souffrent de flash-back de leur excision.
- Une partie des filles et femmes demandeuses d’asile originaires des pays subsahariens où se pratiquent les MGF ont également connu des situations de mariage précoce et/ou de mariage forcé.
- Les MGF sont abusivement associées à l’Afrique subsaharienne et à l’Islam et sont vues sous l’angle de la «barbarie». Les membres de ces communautés souffrent de stigmatisation.
Vulnérabilités liées à la migration
Formation et emploi
Scolarisation
Logement
Accès à l’aide sociale
Santé sexuelle et reproductive
Âge au mariage
Stigmatisation
Sources
LEYE E., YSEBAERT I., DEBLONDE J., CLAEYS P., VERMEULEN G., JACQUEMYN Y. & TEMMERMAN M. (2008), «Female Genital Mutilation: knowledge, attitudes and practices of Flemish gynaecologists», The European Journal of Contraception & Reproductive Health Care, 13:2, 182-190.
BEHRENDT A. & MORITZ S. (2005), «Posttraumatic stress disorder and memory problems after Female Genital Mutilation», American Journal of Psychiatry, 162:1000-2.






