Epidémiologie
- L’OMS définit les MGF comme des «interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou tout autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques».
- L’OMS classe les MGF en quatre types :
- Type I «Clitoridectomie» : ablation partielle ou totale du prépuce et/ou du clitoris.
- Type II «Excision» : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
- Type III «Infibulation» : rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.
- Type IV : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, comme la ponction, le percement, l’incision ou la cautérisation.
- En pratique, les professionnels de la santé peuvent éprouver des difficultés à distinguer les mutilations de types I et II. Les cliniciens classent donc plus souvent les MGF en deux types : «l’excision» et «l’infibulation».
- En 2000, l’OMS a estimé qu’entre 100 et 140 millions de femmes et de filles auraient subi une MGF dans le monde.
- Les MGF sont principalement répertoriées, dans des proportions variables, dans 28 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Erythrée, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, République Démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo) et dans les pays de la péninsule arabique (Yémen, Émirats Arabes Unis, Sultanat d’Oman). Dans une moindre mesure, des MGF sont pratiquées par certains groupes au Moyen-Orient (Irak, Israël), en Asie (Inde, Indonésie, Malaisie) et en Amérique latine (Colombie, Pérou).
- En 2004, l’OMS a estimé que 3 millions de femmes et de filles risquaient d’être mutilées chaque année en Afrique.
- La pratique recule lentement dans la plupart des pays depuis quelques années, phénomène surtout visible dans les pays où les MGF sont très répandues (Guinée, Érythrée). Ce recul dépend notamment du degré de mobilisation des États et du niveau d’instruction des femmes.
- Le nombre exact de femmes mutilées vivant en Europe est encore inconnu, bien que le Parlement européen l’estimait à environ 500.000 en 2009, auquel s’ajouterait 180.000 femmes ou filles à risque de l’être.
- Des MGF ont été pratiquées en France dans les années 1980. Aujourd’hui elles auraient principalement lieu dans le pays d’origine lors de voyages temporaires ou lors de reconduites forcées.
- Au 1er janvier 2002, 12.415 femmes étrangères (ayant obtenu un permis de séjour de plus de 3 mois) ou d’origine étrangère (ayant acquis la nationalité belge) étaient issues de pays pratiquant les MGF. Les demandeuses d’asile et les migrantes «sans papiers» ne sont pas comptabilisées.
- Au 1er janvier 2002, on estimait à 2.745 le nombre total de femmes résidant en Belgique probablement victimes de MGF, en utilisant la prévalence selon la nationalité et la catégorie d’âge dans le pays d’origine.
- En 2007, 280 petites filles sont nées en Communauté française d’une maman originaire d’un pays pratiquant les MGF. Le risque d’être mutilée est cependant très variable selon la fréquence de la pratique dans chacun des pays concernés et selon la communauté d’origine.
- En 2003, une enquête réalisée à Liège auprès de sages-femmes et de gynécologues (55 répondants/132 questionnaires envoyés), montrait que 45,5 % des répondants (25/55) avaient rencontré un ou des cas de MGF au cours des deux dernières années. Sept demandes de ré-infibulation ont été rapportées et 5 ont été pratiquées.
- En 2006, une enquête réalisée auprès de gynécologues flamands (334 répondants/724 questionnaires envoyés) montrait que 58,4 % des répondants (195/334) avaient vu en consultation une ou des femmes ou des filles mutilées.
- Parmi 328 répondants, six ont reçu une demande d’excision et 13 ont été questionnés pour savoir si l’excision pouvait se faire en Belgique.
- Parmi 168 répondants confrontés à une ou des femmes infibulées, 27 % ont fait face à une demande de ré-infibulation : 18 l’ont fait, dont 7 ont pratiqué une ré-infibulation totale.
- En 2007, un sondage réalisé auprès de 254 membres du Groupement des Gynécologues Obstétriciens de Langue Française de Belgique (GGOLFB) révèle que huit demandes d’excision ou d’infibulation ont été formulées cette année-là.
- En 2009, une étude statistique réalisée par Fedasil concernant les femmes et/ou les filles résidant dans les structures d’accueil pour demandeurs d’asile et risquant de vivre, en cas de retour, une MGF, estime à 340 le nombre de femmes certainement mutilées sur les 598 femmes originaires de pays où l’excision ou l’infibulation est pratiquée.
- En 2008, les pays d’origine les plus fréquents des femmes demandeuses d’asile au motif du risque de MGF (185 dossiers traités) sont : la Guinée Conakry (123), le Sierra Leone (9), la Côte d’Ivoire (6), la Mauritanie (6) et la Somalie (6).
- La majorité des femmes qui sont venues pour la première fois au GAMS en 2008 sont originaires de Guinée Conakry. Dans les années 2000, la majorité des femmes venaient de Djibouti et de Somalie.
- Les pays d’origine les plus fréquents des femmes excisées ou infibulées ayant consulté les gynécologues en Flandre en 2006 sont : la Somalie, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Égypte, le Mali et le Sénégal.
- Les principaux pays d’origine des 340 femmes certainement mutilées résidant au sein du réseau d’accueil pour demandeurs d’asile en 2009 sont : la Guinée Conakry (215), la Somalie (37), le Soudan (11), l’Éthiopie (10).
- En 2008, sur 185 dossiers traités où la mutilation génitale est citée comme motif de la demande d’asile auprès du CGRA, 141 ont obtenu une reconnaissance, 39 ont essuyé un refus, et 5 personnes ont renoncé.
- Le risque d’être mutilée existe dès le jour de la naissance et se poursuit jusqu’à l’âge adulte, sans oublier le risque de ré-excision et de ré-infibulation chez l’enfant comme chez l’adulte.
Définition et typologie des MGF
Prévalence des MGF dans le monde
Prévalence des MGF en Belgique
Pays d’origine des femmes et des filles mutilées et à risque de l’être en Belgique
Statuts de séjour des femmes et des filles mutilées et à risque de l’être en Belgique
Âges des femmes et des filles mutilées et à risque de l’être en Belgique
Sources
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PARLEMENT EUROPEEN (2009). Lutte contre les mutilations sexuelles féminines pratiquées dans l’UE. Résolution du 24 mars 2009 (2008/2071(INI)). Disponible sur : www.europarl.europa.eu
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